source Wikipédia :
" La machine d'Anticythère est considérée comme le
premier calculateur analogique antique permettant de calculer des
positions astronomiques.
C'est un mécanisme de bronze comprenant des dizaines de
roues dentées, solidaires et disposées sur plusieurs plans. Il est garni
de nombreuses inscriptions grecques. On ne connaît de la machine
d'Anticythère qu'un exemplaire, dont les fragments ont été trouvés en
1901 dans une épave, près de l'île grecque d'Anticythère, entre Cythère
et la Crète.
L'épave d'Anticythère était celle d’une galère romaine,
longue d'une quarantaine de mètres, qui a été datée comme antérieure à
87 av. J.-C. La machine d'Anticythère est le plus vieux mécanisme à
engrenages connu. Ses fragments sont conservés au musée national
archéologique d'Athènes."
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| fragment découvert sur l'épave | reconstitution du mécanisme |
"Pour Xénophon Moussas, directeur du laboratoire d'astrophysique de
l'université d'Athènes, qui a participé aux investigations en cours
sur le disque, la machine est plus complexe que les astrolabes connus
jusqu'alors qui ne comportent que quelques engrenages et roues à
dents. Avec son équipe, Xénophon Moussas réussit jusqu'en 2006 à
déchiffrer 2 000 nouveaux caractères, y compris sur les disques à
l'intérieur de la machine. Ces textes sont à la fois un mode d'emploi
de l'appareil et un traité d'astronomie.
Il est désormais certain qu'il s'agissait d'un calculateur
analogique qui décrivait les mouvements solaire, lunaire et des
planètes visibles à l’œil nu, sans que l'on puisse à proprement parler
d'horloge astronomique car le mécanisme était actionné par une
manivelle. Elle servait également à prévoir les éclipses.
D’autre part, la forme des caractères, comparée à celles d'autres
inscriptions de la même époque, conduit les experts à dater la pièce
de la fin du IIe siècle avant notre ère.
La machine d’Anticythère comprenait :
- un châssis en bois : ses dimensions étaient
proches de 340 × 180 × 90 mm ; il comportait deux portes, une à
l'avant, et une à l'arrière portant des inscriptions se référant à son
fonctionnement et aux cycles présentés.
- un mécanisme à engrenages constitué d'une
trentaine de roues dentées qui ont été identifiées, probablement
actionnées par une manivelle.
Son fonctionnement, basé sur une modélisation mathématique de la
course des astres, repose sur la rotation d'engrenages de tailles
différentes entraînant des aiguilles indiquant la position des astres
à un moment donné.
Selon Freeth, une clé ou une manivelle (manquante) sert à actionner
la roue principale qui entraîne l'ensemble des engrenages et les
aiguilles nécessaires à la lecture des indications. La face avant
possède un cadran circulaire à 365 positions (représentant les 365
jours du calendrier égyptien) et deux cadrans (indiquant les positions
de la Lune et du Soleil par rapport au Zodiaque). La face arrière
comporte deux cadrans en spirale représentant deux calendriers
astronomiques utilisés pour prédire des éclipses de la Lune et du
Soleil : un cadran à 235 positions (correspondant au cycle de Méton de
19 ans, soit 235 lunaisons), et un cadran à 223 positions
(correspondant au cycle de saros d’un peu plus de 18 ans, exactement
223 lunaisons ou 6 585 jours 1/3).."
mise à jour du 15/03/2021 :
Des scientifiques britanniques ont mené une nouvelle étude sur la
machine d'Anticythère découverte en 1901 dans une épave près de l'île
grecque du même nom.
En utilisant une méthode mathématique décrite par le philosophe
grec Parménide, l'équipe a réussi non seulement à expliquer d'où
provenaient ces nombres mais aussi à déduire les cycles de toutes
les autres planètes.
A partir de ces données, ils ont ensuite construit un modèle
supposant comment chaque engrenage et chaque cadran s'actionnaient
pour montrer le déplacement des planètes, du Soleil et de la Lune.
"Le Soleil, la Lune et les planètes s'exposent dans un
impressionnant tour de force du génie des Grecs anciens", a expliqué
dans un communiqué le Pr. Tony Freeth, principal auteur de l'étude.
"Notre modèle est le premier à correspondre à toutes les preuves
physiques et les descriptions des inscriptions scientifiques gravées
sur le mécanisme lui-même".
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Cette
figure combine les découvertes actuelles dans un
élégant cosmos mécanique grec ancien à l'avant du mécanisme
d'Anticythère.
Au
centre, le dôme de la Terre, la phase de la Lune et sa
position dans le Zodiaque - puis les anneaux de Mercure ,
Vénus , le Soleil , Mars , Jupiter , Saturne et la date.
Lorsque
les pointeurs de la Lune et du Soleil coïncident, la
sphère de la Lune est noire pour la Nouvelle Lune; lorsque
les pointeurs sont sur des côtés opposés, la sphère de la
Lune est blanche pour la Pleine Lune
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Reste à déterminer si leur modèle fonctionne réellement et s'il
pourrait effectivement avoir été fabriqué il y a plus de 2.000 ans.
Les chercheurs projettent ainsi d'en construire une version physique
d'abord avec les méthodes modernes, puis avec les techniques dont
pouvaient disposer ses concepteurs de l'époque.
"Il n'y a aucune preuve que les Grecs anciens aient été capables
de fabriquer quelque chose comme ça. C'est vraiment un mystère", a
précisé à Live Science, Adam Wojcik, co-auteur de l'étude. "Le seul
moyen de le savoir est d'essayer de fabriquer ça à l'ancienne
méthode grecque".
Si le modèle s'avère plausible, il ne résoudra pas totalement
l'énigme de la machine d'Anticythère. Qui l'a fabriquée ? Comment
était-elle utilisée ? Ou encore, que faisait-elle dans cette épave ?
Et qu'est-il advenu des parties manquantes ? De nombreuses questions
demeurent sur ce que certains nomment le "plus ancien ordinateur au
monde".
mise à jour du 10/07/2024 :
Un anneau calendaire
Des astronomes de l'université de Glasgow ont cherché à découvrir
le nombre de trous probables dans l'un des anneaux brisés du
mécanisme d'Anticythère : l'anneau de calendrier. "Comme l'anneau
était cassé et incomplet, on ne savait pas exactement combien de
trous il y avait à l'origine", explique l'université de Glasgow dans
un communiqué publié le 27 juin 2024.
Les chercheurs ont utilisé deux techniques d'analyse statistique
développées pour analyser les ondulations de l'espace-temps.
Conclusion ? L'anneau est plus susceptible d'avoir "354 ou 355 trous
dans un cercle de rayon 77,1 mm, avec une incertitude d'environ 1/3
mm", décrit le communiqué.
Un calendrier lunaire ?
"Des études antérieures avaient suggéré que l'anneau de
calendrier était susceptible d'avoir suivi le calendrier lunaire,
mais les techniques doubles que nous avons appliquées dans cette
œuvre augmentent considérablement la probabilité que ce soit le
cas", se réjouit Joseph Bayley, de l'université de Glasgow et
co-auteur de l'étude.
« D’autres études ont suggéré que l’anneau calendaire servait
probablement à suivre le calendrier lunaire, mais les deux
techniques que nous avons appliquées ici renforcent grandement cette
hypothèse », explique Bayley. Il s’est aussi étendu sur l’incroyable
degré de précision mis en évidence par son analyse.
« Cela a encore renforcé mon appréciation du mécanisme
d’Anticythère, ainsi que le travail et le soin que les artisans
grecs ont mis à le fabriquer. La précision du positionnement des
trous a dû nécessiter des techniques de mesure extrêmement précises
et une main incroyablement stable pour les percer »,
s’émerveille-t-il.
Mais l’histoire ne va pas s’arrêter là. Il reste sans doute
beaucoup de choses à apprendre sur ce qui pourrait être le premier
ordinateur de l’histoire de l’humanité. Les auteurs espèrent donc
que leurs travaux permettront de mieux comprendre les exploits
scientifiques des Grecs de l’époque. « Nous espérons que nos
découvertes contribueront à approfondir nos connaissances sur la
manière dont cet appareil remarquable était utilisé », conclut Woan.



